Mis en place par le Centre d'échanges internationaux du ministère chinois de l'Agriculture et des Affaires rurales, le séminaire sur le développement des chaînes de valeur agricoles et l'intégration aux marchés pour les pays francophones d'Afrique s'est déroulé du 13 au 26 août 2026 en Chine, à Beijing et dans la province du Sichuan (sud-ouest de la Chine). Le séminaire a réuni 29 participants venant de sept pays africains : le Bénin, la République du Congo, la République centrafricaine, Madagascar, le Maroc, le Gabon et les Comores.
Durant les quatorze jours du séminaire, les participants ont alterné cours théoriques et visites de terrain (entreprises agroalimentaires, parcs agricoles modernes) pour une immersion complète dans le modèle agricole chinois, ce qui leurs a permis de confronter leurs réalités agricoles à l'expérience chinoise de modernisation rurale.

Les participants africains assistant à un cours théorique (Wu Qianqian/Le Quotidien du Peuple en ligne)
L'agriculture chinoise d'aujourd'hui se caractérise par une modernisation rapide portée par des innovations technologiques, une transition structurelle vers plus de qualité et de durabilité. Andrianinarifetra Andriamahalina Rakotobe, membre du cabinet du ministre du Commerce et de la Consommation de Madagascar, a été particulièrement frappé par l'état des infrastructures dans les zones rurales. Selon lui, le niveau de développement de la zone rurale en termes d'équipement et d'organisation réduit fortement la distinction entre « ville et village ».
Angoi Zongofio, économiste agricole au ministère de l'agriculture et du développement rural de la République centrafricaine a confié : « J'ai vu des rizières en terrasses irriguées de manière intelligente, à quelques kilomètres de villes intelligentes. Cette capacité à marier la technologie et la tradition agricole, tout en nourrissant des millions de personnes, est une véritable leçon de résilience et de vision pour nous, les Africains ».
Migwanga My-Koumbi Eddy Parfait, ingénieur agricole au ministère gabonais de l'Agriculture, a déclaré que la Chine a également une grande capacité à organiser l'ensemble de la chaîne agricole, de la production jusqu'à la commercialisation. Tous les éléments jouent un rôle déterminant pour permettre l'acheminement des produits vers les marchés.
Mouaba Ndokadiki Bervon Fiacre Muriel, directeur départemental de l'Agriculture au ministère congolais, a quant à lui félicité la politique chinoise pour son organisation et l'accompagnement qu'il accorde aux agriculteurs à travers des services communautaires, en soulignant que le producteur chinois n'est pas laissé de côté.
Ceci dit, tous les participants au séminaire ont fait part de leurs espoirs que la formation et la coopération sino-africaine leur permettra de mieux maîtriser les outils et les technologies afin de les adapter à leurs propres conditions de production. Il ne s'agit pas de reproduire mécaniquement le modèle chinois, mais d'en adapter les enseignements aux réalités africaines.
Mme Wang Jing, directrice adjointe du Centre d'échanges internationaux, lors de l'ouverture du séminaire, a d'ailleurs rappelé l'ancienneté des relations entre la Chine et l'Afrique. Elle a souligné la volonté chinoise de partager, dans un esprit d'ouverture et d'apprentissage mutuel, son expérience en matière de construction des chaînes de valeur agricoles, de développement des marchés et de mécanismes de liaison avec les agriculteurs.
Cette initiative se traduit par des mesures d'une plus grande ouverture du marché chinois aux produits africains. Depuis mai 2026, la Chine a appliqué un traitement tarifaire zéro élargi aux importations en provenance des 53 pays africains avec lesquels elle entretient des relations diplomatiques. Cette mesure ouvre davantage le marché chinois à différentes catégories de produits africains, notamment agricoles et agroalimentaires. L'enjeu pour les pays africains est désormais de disposer de filières suffisamment organisées pour profiter de ces possibilités commerciales : produire davantage, améliorer la qualité, assurer la transformation, respecter les normes et garantir une logistique efficace.
Sun Xiaohan, professeure à l'université de Tianjin et experte en études régionales et nationales des pays francophones, résume cette coopération en trois mots : amitié, mutualité et avenir. L'amitié renvoie à la profondeur des relations entre les deux parties ; la mutualité souligne que la coopération doit fonctionner dans les deux sens ; et l'avenir traduit l'importance croissante de l'agriculture dans les relations sino-africaines.

Sun Xiaohan dispensant un cours sur le thème de la « Coopération agricole sino-africaine : Histoire, réalisations et avenir ». (Wu Qianqian/Le Quotidien du Peuple en ligne)
Alors que la Chine poursuit sa propre transformation agricole, les orientations du 15e plan quinquennal, publiées en 2026 placent la revitalisation rurale parmi les priorités du pays. L'année 2026 coïncide également avec le 70e anniversaire des relations diplomatiques entre la Chine et l'Afrique, ce qui donne une impulsion politique forte renforçant la coopération entre les deux pays.
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