Alors que l'intelligence artificielle (IA) transforme rapidement les économies et les sociétés, l'attention mondiale se détourne des avancées technologiques pour se concentrer sur la manière dont l'IA peut être développée de manière responsable et inclusive.
Pour beaucoup, la Conférence mondiale sur l'intelligence artificielle (WAIC) de 2026, qui est en train de se tenir à Shanghai du 17 au 20 juillet, représente une plateforme importante pour rassembler les pays afin de relever des défis communs, de renforcer la coopération et de veiller à ce qu'un plus grand nombre de pays puissent participer à la construction de l'avenir de l'IA.
"La Chine joue un rôle très important, non seulement en étant présente à la table des négociations, mais aussi en organisant cette rencontre, en rassemblant les pays et les populations pour faire progresser une IA sûre et éthique, et en donnant le ton en adoptant très tôt certaines réglementations en matière de sécurité", a déclaré Mark Jay Nitzberg, directeur exécutif du Centre pour une IA compatible avec l'humain de l'Université de Californie Berkeley et intervenant invité lors du forum principal de la conférence.
"L'IA va sans cesse évoluer", a confié à Xinhua John Edward Hopcroft, lauréat du prix Turing, en marge de la conférence. "D'autres changements vont se produire. Il faut disposer d'une stratégie capable de s'adapter à ces changements".
Soulignant que toute technologie présente des avantages et des inconvénients, M. Hopcroft a mis l'accent sur la nécessité d'une gouvernance mondiale de l'IA. "Les gouvernements doivent réglementer la technologie afin que ses aspects positifs soient mis à profit".
Si l'IA a eu de nombreux effets positifs, son développement rapide a également suscité plusieurs inquiétudes, a observé Kang Ho-gu, directeur de l'Institut sino-coréen d'économie et de société. L'IA peut servir l'humanité et contribuer au bien commun si elle est utilisée correctement et de manière responsable. Toutefois, elle pourrait également présenter des risques pour la société humaine en cas d'utilisation abusive ou inappropriée, a-t-il répondu à Xinhua dans le cadre d'un entretien.
Dans ce contexte, M. Kang a estimé que la WAIC se tient à un moment crucial, offrant une plateforme précieuse aux parties prenantes du monde entier pour discuter des possibilités offertes par cette technologie, des défis qu'elle présente et de son orientation future.
Xue Lan, doyen du Schwarzman College de l'université Tsinghua, a pointé plusieurs risques liés à l'IA, notamment les utilisations abusives, les défaillances techniques potentielles ou la perte de contrôle, ainsi que des défis sociaux tels que les suppressions d'emplois et l'aggravation des inégalités de revenus.
Reconnaissant que la fracture mondiale en matière d'IA constitue un défi majeur, M. Xue a estimé que l'accent mis par la Chine sur le renforcement des capacités et le développement inclusif répond aux préoccupations de nombreux pays en développement.
Les efforts de la Chine visent non seulement à partager des technologies et des applications, mais aussi à aider les pays à renforcer leurs propres capacités afin qu'ils puissent développer et mettre en œuvre l'IA en fonction de leurs propres besoins et conditions, a poursuivi cet expert.
Dans le même ordre d'idées, M. Kang a souligné la fracture croissante en matière d'IA entre les pays développés et les pays en développement, jugeant que les écarts technologiques et les ressources limitées pourraient aggraver les disparités économiques et de connaissances existantes.
Balew Demissie, consultant senior à l'Institut d'études politiques d'Ethiopie, a noté l'importance de cette conférence, car selon lui, "l'IA n'est plus seulement une question technologique. Elle est devenue un défi de gouvernance mondiale nécessitant une coopération internationale en matière d'éthique, de sécurité, d'inclusion et d'accès équitable".
Elle "offre une plateforme importante pour l'engagement, l'apprentissage et la création de partenariats" ainsi qu'une "chance pour les pays en développement de ne plus se contenter d'être de simples consommateurs de technologie, mais de devenir des participants actifs à l'innovation en matière d'IA grâce au renforcement des capacités, au partage des connaissances et aux partenariats", a-t-il dit à Xinhua.
Cavince Adhere, chercheur kenyan spécialisé en relations internationales, a relevé le fait que l'Afrique, avec sa population jeune et son adoption rapide du numérique, se trouve à un tournant décisif. Sans une participation active à la révolution de l'IA, le continent risque d'aggraver la fracture mondiale en matière d'IA, a-t-il averti.
Dans ce contexte, la WAIC représente une occasion importante de promouvoir un développement plus équilibré de l'IA à l'échelle mondiale, a ajouté M. Adhere.
Pravate Tantisajjatham, président de l'Association thaïlandaise de la blockchain, a déclaré que cette conférence offre à la Thaïlande une plateforme précieuse pour tirer les leçons de l'expérience internationale et renforcer ses capacités en matière de développement des technologies d'IA et des infrastructures numériques.
Selon cet expert thaïlandais, la WAIC illustre le rôle de la Chine en tant que grande puissance technologique qui soutient le développement d'autres pays, promeut l'ouverture et la coopération plutôt que l'isolement technologique, et aide les pays en développement à ne pas se laisser distancer.
"La WAIC 2026 n'est pas seulement un lieu où nous discutons de l'avenir de l'intelligence artificielle, mais aussi un lieu où sont posés les fondements d'un futur système de coopération internationale et de gouvernance mondiale dans ce domaine", a indiqué Nenad Popovic, ministre sans portefeuille de la Serbie.
Jeudi, 29 pays ont signé à Shanghai un accord portant sur la création de l'Organisation mondiale de coopération en matière d'intelligence artificielle (OMCIA) afin de faire face aux opportunités et aux défis posés par les machines pensantes.
M. Popovic a estimé que la création de l'OMCIA "marque le début de la mise en place d'un nouveau système de coopération internationale dans le domaine de l'intelligence artificielle, fondé sur le dialogue, la confiance mutuelle et la responsabilité partagée".
L'objectif commun devrait être de veiller à ce que l'IA reste au service de l'humanité, contribue au développement durable et devienne un moteur de prospérité partagée plutôt qu'une source de nouvelles divisions, a-t-il ajouté.
Warda Aslam, experte en IA et professeur à la Faculté d'informatique et d'IA de l'université de l'Air, à Islamabad, a affirmé que les initiatives chinoises en matière de renforcement des capacités mondiales en IA, en particulier la promotion du système d'alerte météorologique basé sur l'IA, connu sous le nom de MAZU, constituent un exemple concret de la manière dont l'IA peut être utilisée comme bien public mondial.
En partageant ses capacités d'alerte précoce basées sur l'IA, la Chine contribue à réduire le fossé technologique et permet aux différents pays d'améliorer leur préparation aux catastrophes, leurs interventions d'urgence et leur adaptation climatique à long terme, selon elle.
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